Lors de la première édition de l’événement Forward by Silamir à Station F le 20 janvier dernier, Sonia MAGALHAES, Strategic Account Executive chez Microsoft, en charge du grand compte Alstom Transport, nous a livré son diagnostic sur la réalité de l’IA au sein des grandes entreprises françaises, mettant notamment en lumière les points de friction rencontrés par les comités de direction.

Le 20 janvier à StationF : Déborah VERGNOLLE – CMO de Silamir – et Sonia MAGALHAES, de Microsoft
Les 4 défis majeurs des CXO français
Pour Sonia MAGALHAES, le passage à l’IA ne se résume pas à une simple mise à jour logicielle. Elle identifie quatre enjeux qui remontent systématiquement des directions générales :
- La souveraineté : un sujet de tension permanent, particulièrement pour un acteur américain comme Microsoft, qui doit répondre aux exigences de confiance et de protection des données locales
- La gouvernance de la donnée : beaucoup d’entreprises réalisent que leur patrimoine data est encore en friche. La mise en conformité et l’organisation de ces données sont des chantiers toujours en cours de construction
- Les compétences : l’IA redéfinit les métiers et impose des défis immédiats en matière de cybersécurité et de formation des équipes
- La spécificité industrielle : l’heure n’est plus à l’IA générique. La valeur réside désormais dans la capacité à adresser des problématiques métiers très pointues, spécifiques à chaque industrie
L’esprit de cordée contre l’effet gadget
L’un des enseignements de notre échange porte sur la dimension humaine de la transformation. Sonia souligne que pour qu’une technologie ait un impact réel, elle doit être portée par un leadership visionnaire. Elle utilise l’image forte de « l’esprit de cordée » pour décrire cette nécessité d’embarquer l’ensemble des collaborateurs. Sans une traction réelle des leaders et un véritable sentiment de responsabilité collective, l’IA risque de rester perçue comme un simple gadget, une curiosité technologique sans lendemain opérationnel.
Cette transformation humaine est indissociable d’une réflexion sur le ROI
Aujourd’hui, le challenge se déplace. Si des outils comme Copilot favorisent la productivité individuelle, celle-ci reste parfois difficile à isoler dans les résultats financiers. Le véritable enjeu se situe désormais à la maille de l’entreprise tout entière. Sonia Magalhaes insiste sur la « business efficiency » : il s’agit de viser la scalabilité et l’efficacité opérationnelle globale plutôt que de simples gains de temps individuels – un challenge qui est encore devant nous.
L’industrialisation de l’IA par la valeur métier et le modèle opérationnel
Interrogée sur le facteur critique pour transformer l’essai de l’IA générative, Sonia Magalhaes prône une discipline rigoureuse : tout commence par une qualification chirurgicale du use case métier. Avant tout déploiement, l’enjeu est d’évaluer la valeur business et le ROI potentiel en amont. Il ne s’agit pas de multiplier les petits tests isolés, mais d’identifier des cas d’usage à forte valeur ajoutée à l’échelle de l’entreprise entière, le « company-wide ».
Une fois ces priorités fixées, le défi bascule sur le terrain de l’exécution. Pour Sonia, la capacité à délivrer renvoie directement à l’organisation elle-même : quel operating model mettre en place pour que ces solutions ne restent pas des prototypes, mais s’intègrent réellement dans le quotidien de l’entreprise ?
L’approche Silamir et la force de sa vision systémique
C’est sur ce terrain que l’approche de Silamir se distingue selon l’experte de Microsoft. Elle y voit une vision systémique indispensable pour naviguer dans la complexité de l’IA générative. En intervenant simultanément sur le levier technologique et sur le modèle opérationnel, Silamir assure une cohérence cruciale : aligner les outils techniques avec les processus métiers et les structures organisationnelles. C’est, selon elle, cette lecture globale qui permet de transformer une innovation technologique en un succès industriel.
L’audace, levier d’innovation
Pour conclure, Sonia MAGALHAES invite à un changement de posture radical pour « libérer l’innovation ». Elle regrette une certaine tendance au conformisme, souvent adoptée pour ne pas bousculer les habitudes des clients. Pour elle, l’avenir appartient à ceux qui oseront challenger les certitudes : « Il y a des sujets pour lesquels il ne faut pas hésiter à avoir de l’audace. » Aller de l’avant, c’est donc aussi accepter cette part d’audace nécessaire pour franchir les nouvelles frontières !